Exil en Anarchie

Hiver et printemps 2010 - Ce que je ressens...

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Quelques photos sans prétention (entre août 2009 et mai 2010 ) : témoignage de l'instant, sans retouche, sans recadrage et en prise automatique avec un appareil numérique. Ce sont plus les photos d'un randonneur que d'un photographe. N'y cherchez pas de volonté, de choix, ou de démarche artistique.
Un texte, inspiré par ces « instants »...qui lui, flirt autant avec H.D Thoreau (son œuvre en général) qu'avec des passages du désormais très officiel livre l' i n s u r r e c t i o n qui vient du "Comité invisible".
Trois autoportraits (2010) mis en parallelle à cette trajectoire intimiste. Technique mixte, fusain pastel photo assemblage - impression jet d'encre Fine Art.

Autoportrait en détresse...mais à quoi bon être un miroir d'irritations ?
Autoportrait véritable : tu me parles je me tais, loin des certitudes des tricheurs et des pourritures, de ceux qui sentent la honte ... et, en exil au dessus des abimes, "la vérité est révolutionnaire"
Autoportrait en Anarchie : Seul, et innombrable le temps d'un instant je suis Yahvé le Païen ; je ne vise plus l'horizon, je suis l'horizon.



De purs instants de contemplation, une simple idée du bonheur, des moments de solitude apaisée, où les crasses de l'urbanité, le «progrès», la perversité, l'autorité, l'humiliation, l'injustifiable, l'inavouable, les mensonges et les tricheries ne sont plus.

Proche de la Vérité, rien que ça.

Elle est un don : deux échasses - pour danser autour des cimes -.

Un souffle d'apaisement.

U n e i n s u r r e c t i o n ... là. Amoureuse en exil au dessus des abîmes.

Un face à face, taiseux.

Une errance.

Un voyage.

Elle est l'Anarchie.

L'innocence.

Nous, nous sommes le triomphe de l' « anomie », en devenir : être sa propre marchandise, avouée, à la pointe dudit progrès de nos civilizations : devenez-vous-même.com dans un futur sans avenir, s'assumer chez Ronald en babouze à casquette, ou bien se découvrir les tripes d'un aventurier -pour l'Armée-, comme si elle était un jeu, ludique, histoire de ré-enchanter pour quelques temps encore la santé des banquiers autant que celle des pouvoirs publics. C'est la folie qui ouvre l'oeil et nous guette, tel Soron veillant sur la cupidité des peuples. « Nous-même », le dernier produit culturel à la mode, consommateur et communiquant dans ce « futur qui n'a plus d'avenir », accepté, résolument intégré, n'est pas la sagesse mais la résignation d'une épok à la conscience des premiers punks.

Il faut bien croire que toute notre Histoire est à mettre sur un Divan, histoire de soigner notre folie.

Loin du cynisme des grandes mascarades, des brèches s'ouvrent -là où on ne les attendait pas-. Et la lucidité ne s'apparente plus à une maladie...

Loin des appels au vote contre le vote lui-même, des actualités sans présent ou des désobéissances civilisées. Des militants bizounours, des artistes Bugs Bunny, la carotte comme libido. Des névroses gauchistes. Des jeunesses sarkozystes. Des Verts Girondins fascisants. Des prêt-à-penser Socialistes prétentieux d'être « la » raison raisonnable, ou des « petits chefs anarchistes », allez comprendre... de ces militants NPA à l'Internationale intellect bourgeois, complexés, de ces nouveaux écolos au savoir-vivre supérieur.

De tous ces mépris. Du mien aussi, confus et grandissant, confronté au vice de la conjugaison.

Et de tous les par-être.

Point.

C'est l'apaisement qui me prend la main et accompagne chacune de mes respirations. Haletantes parfois, auparavant.

Elle m'offre le temps.

Le temps.

Et nous offre sa table.

Je me plais là.

Sage.

Immobile parfois.

Observant un troupeau de boucs remontant la colline, je sens déjà le lait de la fermentation.

Je me promets l'ivresse des repas partagés d'amitié à la vue d'une simple vigne fleurie, et le soupçon d'un clapotis de poisson en bord de Garonne passionne mes sens.

Même un figuier de février sans bourgeons m'interpelle.

Tel un enfant.

Là.

Une bêche à la main, une canne à pêche sur le dos, je suis l'Amour et l'Amitié.

Le partage.

Je suis bouc, chevreuil, biche, renard, bar moucheté ou éperlan à la fois.

Je suis Déméter, Poséidon, Eros Eos et Dionysos.

Tentaculaire.

Dans mon cerveau, les graines qui étaient posées là, en jachère, s'enracinent et fleurissent bientôt.

Loin.

Très loin.

Des certitudes.

Des tricheurs.

Et des pourritures, de ceux qui sentent la honte.

C'est comme une évidence : être et faire avec ceux qu'on aime.

Il n'y a plus d'absurdité.

Alors sans peur, intime et nu je panse mes haines et mes plaies ; on ne prétend pas au bonheur survolant les cimes une aile blessée : l'abîme est comme un bourreau et « l'autre » parfois, son couteau.

Alors sans peur, intime et nu, et sans gêne, il y a l'évidence.

L'évidence.

« Elle » est l'Anarchie car elle est son temps, son propre temps, sa propre autorité, son propre pouvoir, sa propre voie et n'a aucune autre prétention que d'être elle-même.

Elle le souhaiterait qu'elle ne le pourrait pas.

Elle est Autonome.

Innocente et propre.

Naturellement.

Elle offre les interstices, et l'art de la dérive.

L'errance d'un voyage taiseux, vers l'intérieur, sans bataille, sans résistance.

Alors posé, le regard en exil sur 360 degrés, chaque instant est un nouveau divan de contemplation.

Vers l'extérieur.

Apaisé.

En Anarchie.

Seul.

Et innombrable le temps d'un instant je suis Yahvé le Païen.

Et ceux qu'on aime, en auréole, nous accompagnent.

Toujours.

Oui, Proche de la Vérité, rien que ça...

Et la dialectique n'y pourrait rien changer.


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